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Histoires et visages Interview avec Aurélie Bovigny

Aurélie Bovigny travaille depuis 2013 chez Business Broker SA et a déjà accompagné plus de 40 transmissions d’entreprise avec succès. En juillet 2019, elle a suivi la vente du groupe d’imprimerie romand Aprint Holding SA. Dans le cadre de cette interview, elle parle du Röstigraben ainsi que de l’importance de l’aspect relationnel entre les parties prenantes.

Aurélie Bovigny, Senior Consultante chez Business Broker SA
Aurélie Bovigny, Senior Consultante chez Business Broker SA

Aurélie Bovigny, tu as accompagné les anciens propriétaires de la société Aprint Holding SA durant le processus de la vente. Peux-tu présenter ce groupe aux lecteurs?

Aurélie Bovigny: « Aprint Holding SA est un groupe d’imprimeries regroupant 3 sociétés, chacune spécialisée dans un domaine particulier. Le groupe est à la pointe au niveau des impressions à haute valeur ajoutée (boîtes et notices d’emballage, certificats d’origine, documents embellis) destinées aux domaines d’exigences les plus pointus (pharma et luxe notamment). Au total, le groupe emploie une septantaine de collaborateurs. Depuis peu, Aprint Holding SA a été repris par un groupe actif sur un marché similaire mais complémentaire, implanté en Suisse alémanique. De nombreuses synergies pourront être exploitées entre les diverses entités. »

Comment s’est déroulé le processus de vente?

Aurélie Bovigny: « A partir de la mise en vente du dossier jusqu’à la signature du contrat, il s’est déroulé environ 9 mois durant lesquels nous avons eu l’opportunité de présenter 3 acquéreurs potentiels. Au vu de la taille de la transaction, chacun des candidats représentait une entreprise du secteur de l’imprimerie et envisageait une acquisition stratégique. »

Quels étaient selon toi les plus grands défis de ce mandat?

Aurélie Bovigny: « Le premier défi que j’ai identifié était de représenter un pool de 3 actionnaires-vendeurs ayant des perspectives différentes dans le cadre de cette transaction. Il a fallu cerner les attentes de chacun pour amener les 3 actionnaires à une structure de transaction adéquate.

Le premier défi que j’ai identifié était de représenter un pool de 3 actionnaires-vendeurs ayant des perspectives différentes dans le cadre de cette transaction.

En outre, la présentation de la vente d’un groupe comportant plusieurs sociétés filles amène quelques défis supplémentaires liés à la compréhension de chacune des entités et de leurs apports respectifs en termes de valeur ajoutée, autant stratégique que financière.

Aussi, il faut relever le fait que le monde de l’imprimerie n’est a priori pas très attractif d’un point de vue financier et de ses perspectives futures. Nous avons donc dû fournir un effort supplémentaire pour démontrer les réelles plus-values d’un groupe tel qu’Aprint qui a su se positionner sur un marché de niche et qui présente d’excellentes opportunités de développement.

Finalement, la vente à un acteur se trouvant de l’autre côté du Röstigraben a été un challenge supplémentaire. Dans les rencontres avec les deux parties, il a fallu se convaincre que la barrière de la langue était finalement une force à mettre en avant pour la réalisation des projets futurs entre les deux groupes. Par le rapprochement de ces deux entités, le premier groupe national d’imprimeries est né. Bien entendu, il a fallu aussi gérer les négociations dans les deux langues et s’assurer qu’autant les vendeurs que les acheteurs aient bien compris les tenants et aboutissants des documents contractuels. »

La vente à un acteur se trouvant de l’autre côté du Röstigraben a été un challenge supplémentaire.

Dans quelle mesure est-ce que ton expérience t’a aidée?

Aurélie Bovigny: « Pour mener à bien un dossier aussi complexe, il est important de bien maîtriser le processus complet, de pouvoir identifier les attentes de son client et les enjeux de la transaction et de cerner rapidement les candidats sérieux. Dans ce type de transaction, il s’agit également d’endosser un rôle adéquat dans la phase de négociation qui se déroule entre des personnes avisées et expérimentées. Ces éléments ne s’apprennent que par l’expérience et au travers de la réalisation de nombreuses transactions. »

Comment as-tu perçu la rencontre entre les vendeurs et l’acheteur? Est-ce que le feeling a été bon dès le début?

Aurélie Bovigny: « Oui, je peux affirmer que dans le cadre de ce dossier, il s’agit d’abord d’une rencontre de personnes. Le premier entretien a tout de suite permis de créer un climat de confiance. L’actionnaire-cédant principal et l’acheteur sont des entrepreneurs très similaires et ils se sont très vite bien entendus. Une vision partagée et une attitude entrepreneuriale les ont rapidement rapprochés et ont permis d’être sur une même longueur d’onde pour le déroulement des étapes. Les directeurs opérationnels des deux groupes ont également eu l’occasion de se côtoyer très tôt dans les discussions. Les échanges techniques entre ces personnes du terrain ont permis de rapidement identifier les synergies potentielles. »

Une vision partagée et une attitude entrepreneuriale les ont rapidement rapprochés et ont permis d’être sur une même longueur d’onde pour le déroulement des étapes.

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Auteur
Business Broker SA
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https://www.businessbroker.ch/fr/cas-pratiques/histoires-et-visages/156/interview-avec-aurelie-bovigny