Evaluation d'entreprise: méthodes et démarches

L'évaluation d'une entreprise est une tâche particulièrement complexe. Les explications suivantes vous donnent un aperçu des méthodes de valorisation et de la démarche suivie pour réaliser une évaluation d'entreprise.

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Les méthodes d'évaluation: une explication concise et pertinente

Il existe une multitude de méthodes d'évaluation d'entreprise que l'on peut répartir de manière générale en deux catégories: la méthode de la valeur substantielle et celle de la valeur de rendement. En complément, on peut également utiliser des méthodes de valeur de marché afin de contrôler la plausibilité des résultats obtenus. Lors d’évaluations basées sur les méthodes de valeur de marché, on se base essentiellement sur les prix effectivement obtenus lors de transactions passées (multiples de transaction).

Pour les valorisations de PME, ces multiples de transaction sont particulièrement pertinents. Ils permettent d'intégrer les expériences effectuées sur un marché peu transparent. Dans la pratique, il est courant d'utiliser un mélange composé des principales méthodes. Les méthodes mixtes utilisées peuvent varier selon le cycle de vie dans lequel l'entreprise se trouve ainsi que son modèle commercial.

Forte d'une expérience accumulée par le biais des 500 transmissions d'entreprise réalisées avec succès, Business Broker AG dispose d'une vaste base de données sur les prix réellement payés lors de la vente de PME. L'alliance de cette base de données et de l'expérience pratique de nos conseillers nous permettent d'effectuer des évaluations d'entreprise qui reflètent la réalité du marché.

Méthode de la valeur substantielle

Dans la méthode de la valeur substantielle, tous les postes à l'actif du bilan, c'est-à-dire les éléments du patrimoine de l'entreprise, sont additionnés. La valeur substantielle est normalement calculée aux valeurs de continuation (valeurs d'exploitation). Tous les éléments du patrimoine constituent ensemble le patrimoine total de l'entreprise et sont désignés en tant que valeur substantielle brute. Pour obtenir la valeur substantielle nette de l'entreprise, c'est-à-dire la valeur substantielle des fonds propres, les fonds de tiers (toutes les obligations ou dettes de l'entreprise) sont déduits de la valeur substantielle brute. Il faut faire attention à ce que les actifs de la comptabilité financière (bilan fiscal) représentent des valeurs comptables et non pas des valeurs d'exploitation. La différence entre les valeurs comptables et les valeurs d'exploitation comprend les réserves latentes. Les réserves latentes donnent lieu à des impôts latents sachant que la liquidation des réserves latentes aurait un impact positif sur le compte de résultat ou engendrerait un bénéfice plus élevé. Ces impôts latents doivent être pris en compte dans le calcul de la valeur substantielle.

La méthode de la valeur substantielle est un état des lieux des éléments du patrimoine existants (actifs), c'est-à-dire de la substance existante de l'entreprise. La valeur substantielle nette représente la valeur effective des fonds propres et peut être considérée comme la limite inférieure dans l'évaluation d'une entreprise dans la mesure où la substance existe matériellement à la date de l'évaluation. Si le prix de vente éventuel vient à se situer en-dessous de la valeur substantielle, la liquidation de l'entreprise peut être financièrement plus avantageuse pour le propriétaire. Cette méthode ne convient pas en tant que méthode unique pour estimer la valeur d'une entreprise car elle ignore complètement les résultats futurs de l'entreprise. Vous trouverez de plus amples détails sur la méthode de la valeur substantielle dans la version complète de ces explications.

Méthode de la valeur de rendement

La méthode de la valeur de rendement évalue une entreprise selon les flux de revenus escomptés que l'entreprise réalisera dans le futur en utilisant la substance existante. Les futurs flux de revenus peuvent être des bénéfices ou du cash-flow. Selon le type de flux de revenu, une distinction est faite entre les différentes méthodes de la valeur de rendement. Les flux de revenus escomptés qui seront perçus à l'avenir par les propriétaires d'entreprise sont ajustés au moment de l'évaluation. L'argument sous-jacent ici est la valeur actuelle de l'argent. Pour de plus amples détails sur la valeur actuelle de l'argent, consultez la version intégrale de ces explications.

Pour générer une valeur de rendement, l'entreprise utilise aussi, outre ses valeurs substantielles matérielles, son capital immatériel tel que sa clientèle, sa position sur le marché, sa réputation, ses collaborateurs et ses éventuels brevets. Bien que les valeurs substantielles et le capital immatériel ne soient pas explicitement évalués dans ces méthodes, ils constituent de fait une condition préalable pour pouvoir réaliser des bénéfices.

La méthode de la valeur de rendement simple

Pour effectuer un calcul simplifié de la valeur de rendement, on peut renoncer à la planification détaillée des années futures. Pour ce faire, on part du principe qu'un bénéfice durable corrigé (avant charges d'intérêts) sera réalisé. On suppose alors qu'il n'y aura pas de changements dans l'actif circulant net et que les investissements correspondent aux amortissements et que donc seuls des investissements de remplacement sont effectués. Ce bénéfice durable est actualisé avec le taux de capitalisation spécifique à l'entreprise et donne la valeur brute de l'entreprise. Pour obtenir la valeur nette de l'entreprise, il suffit de déduire les fonds de tiers. Le taux de capitalisation mentionné reflète le caractère prévisible du bénéfice durable dans l'avenir, des dépendances aux personnes, des risques globaux de la part des clients et fournisseurs, des risques sectoriels et de financement. Pour de plus amples détails sur la définition du taux de capitalisation, consultez la version intégrale de ces explications.

La valeur d'entreprise réagit de manière sensible au taux de capitalisation. Plus le risque est élevé, plus le taux de capitalisation sera élevé et ainsi plus la valeur de l’entreprise sera basse. Par conséquent, des scénarios de sensibilité sont souvent utilisés car ils montrent de manière transparente l'impact du taux de capitalisation sur l'évaluation de l'entreprise.

Méthode du Discounted Cash-Flow

Dans la méthode du Discounted Cash-Flow (DCF), la valeur de l'entreprise est déterminée sur la base des flux de trésorerie futurs que l'on appelle les cash-flows. Pour ce faire, il convient de déduire ou de faire des prévisions des free cash-flow (flux de trésorerie libres) futurs et ensuite, au moyen de l'indicateur du coût moyen pondéré du capital (WACC en anglais) corrigé des impôts, de les actualiser à la date de l'évaluation. Le free cash-flow chiffre le flux de trésorerie issu de l'activité de l'entreprise qui, après les investissements dans l'actif circulant net et dans l'actif immobilisé, est à la disposition des donneurs de fonds et des actionnaires. Avec ce capital, les dettes des créanciers peuvent être remboursées ou des dividendes peuvent être versés aux actionnaires. La méthode du DCF selon l'«entity approach» est considérée comme la meilleure pratique.

En partant de la date de l'évaluation, un calcul de résultat prévisionnel pour les 4 à 5 prochaines années est établi. Pour les périodes ultérieures, un scénario simplifié est utilisé. Une valeur résiduelle (ou valeur terminale) est déterminée. Cette valeur est comparable au bénéfice durable corrigé conformément à la méthode simple de la valeur de rendement. La problématique lors de la définition de l'horizon de prévision est la pondération de la valeur résiduelle. Plus le nombre d'années de planification est élevé, plus il est difficile de planifier les free cash-flow futurs; en contrepartie, la part de la valeur résiduelle dans la valeur de l'entreprise diminue en conséquence. Normalement, il est pertinent de faire des prévisions sur environ 4 ou 5 ans car celles-ci sont compréhensibles et peuvent être démontrées. Mais il faut alors accepter que la part de la valeur résiduelle soit plus élevée. Pour de plus amples détails sur le calcul du discounted cash-flow, consultez la version intégrale de ces explications.

Méthode de la valeur moyenne

La méthode de la valeur moyenne est une forme mixte entre valeur de substance et valeur de rendement. Elle comporte une formation pondérée de la valeur moyenne. La méthode suisse ou méthode des praticiens est très populaire dans notre pays car les autorités fiscales utilisent souvent cette méthode pour déterminer la valeur vénale d'entreprises non cotées en bourse.

Valeur de l'entreprise (nette) = x × valeur de rendement (nette) + y × valeur de substance (nette)
(x + y)

Méthode suisse:

Valeur de l'entreprise (nette) = 2 × valeur de rendement (nette) + valeur de substance (nette)
3

Le fisc applique un taux de capitalisation qui peut fortement influencer le résultat de la valeur de rendement.

Petite parenthèse sur le thème du goodwill

Le goodwill correspond à la différence entre valeur de rendement et valeur de substance. Le goodwill décrit la partie du prix d'achat qui est payé en plus de la valeur des éléments matériellement existants du patrimoine, c'est-à-dire par exemple pour la base clients, la réputation, la marque, la position sur le marché, l'accès à la prestation de travail ou d'autres actifs incorporels. Le montant du goodwill dépend entre autres du secteur d'activité. Si une entreprise est vendue avec une activité commerciale à forte intensité de capital, le goodwill est bien plus faible par rapport au prix de vente que pour un pur prestataire de service chez qui il n’existe que peu de substance physique.

Méthode de la valeur de marché

Pour les entreprises cotées en bourse, la valeur d'entreprise calculée peut être comparée aux prix payés en bourse (trading multiples) ou aux prix de rachat publiés dans la presse (transaction multiples). Les trading multiples et les multiples de transactions sont regroupés sous le nom de market multiples (multiples de marché). Parmi les market multiples importants figurent le multiple du chiffre d'affaires, de l'EBITDA, de l'EBIT, du bénéfice net, le ratio cours sur bénéfices (C/B ou PER) ou encore le rapport valeur de marché / valeur comptable (market-to-book ratio). Pour les entreprises non cotées en bourse, une comparaison avec les prix payés en bourse s'avère pratiquement inutile du fait de la taille, de la stabilité, de la rentabilité et de la puissance financière des entreprises cotées en bourse.

Parmi les multiples courants figurent:

Valeur d'entreprise (brute) selon le multiple du chiffre d'affaires
= chiffres d'affaires × multiple du chiffres d'affaires

Valeur d'entreprise (brute) selon le multiple d'EBITDA
= EBITDA × multiple d'EBITDA

Valeur d'entreprise (brute) selon le multiple d'EBIT
= EBIT × multiple d'EBIT

Valeur d'entreprise (nette = fonds propres) selon multiple du bénéfice net
= bénéfice net × multiple du bénéfice net

Dans l'évaluation axée sur les multiples, il est important de partir de la même base. Soit l'évaluation a lieu au niveau de l'entreprise dans son ensemble (enterprise value, brute, unlevered), soit au niveau des fonds propres (equity value, nette, levered). De plus, il est judicieux de former une valeur moyenne des différents multiples afin de minimiser ou de compenser une éventuelle déformation. Pour les entreprises non cotées en bourse, et notamment les PME, une comparaison avec les prix payés en bourse s'avère pratiquement inutile du fait de la taille, de la stabilité, de la rentabilité et de la puissance financière de ces entreprises.

Profit des propriétaires

Il faut accorder une importance particulière au profit des propriétaires. Il représente le bénéfice dont dispose un entrepreneur pour effectuer des investissements pour l'avenir ou se rémunérer soi-même sous forme de salaire ou autre. Le point de départ du calcul du profit des propriétaires au niveau de l'EBITDA est toujours l'EBITDA conformément aux comptes annuels. EBITDA est l'abréviation d’Earnings before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization: bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (des immobilisations corporelles et incorporelles). C’est surtout pour les petites et moyennes entreprises que l'EBITDA représente un instrument important dans le cadre d’une évaluation. Cette valeur n'est pas influencée par la structure de financement et l'état du cycle d'investissement et constitue donc l'un des chiffres clés les plus significatifs. Une entreprise qui vient d'investir se voit confrontée à des amortissements plus élevés et un bénéfice plus faible en comparaison à une entreprise qui n'a pas fait d'investissements pendant une longue période. Pour obtenir le profit des entrepreneurs, le salaire brut (prestations sociales comprises) du propriétaire et les éventuels éléments de retraitement de charges sont ajoutés. En multipliant ce chiffre par un facteur qui repose sur les expériences du marché, on obtient un indicateur fondamental de prix. Au vu de l’implication du propriétaire au sein de sa PME, le multiple appliqué au profit du propriétaire est une méthode d’évaluation importante.

Avec plus de 500 ventes d'entreprise au cours des 10 dernières années, Business Broker AG a développé une importante base de données de multiples et est donc en mesure, dans un marché des plus opaques, de fournir une indication de la valeur d'une entreprise proche du marché.

Mélange de méthodes

La représentation et le choix des méthodes d'évaluation donnent toujours lieu à des discussions. D'abord, il faut dire que la pertinence d'une méthode d'évaluation utilisée seule est limitée. Selon notre expérience pratique, les méthodes mixtes ont fait leurs preuves. La valeur de substance peut être considérée comme limite inférieure dans la définition d'une fourchette. Ensuite, la valeur de rendement est déterminée grâce à la méthode DCF (discounted cash-flow) et est pondérée avec la valeur de rendement déterminée par un multiple. Nous combinons donc la méthode DCF avec les nombreux enseignements tirés des transactions déjà réalisées (transaction multiples).

Conclusion

Lors de l'évaluation d'une entreprise, il ne s'agit pas de trouver la vraie valeur absolue. Les valeurs d'entreprise ne sont pas des valeurs purement objectives, elles reposent au contraire sur de nombreuses hypothèses et points de vue définis de manière subjective. Il est plutôt question de déterminer une fourchette de valeurs dont on peut vérifier la plausibilité et que l'on peut communiquer. En revanche, lors de l'interprétation des résultats et de la vérification de la plausibilité, l'expérience du conseiller est importante. De par ses connaissances acquises dans le cadre des évaluations d'entreprise déjà réalisées dans différents secteurs et caractérisées par les particularités les plus variées en fonction de chaque entreprise, le conseiller a développé au fil du temps une vision des choses axée à la fois sur la pratique et sur l'objectif. Il est donc parfaitement en mesure de juger si la valorisation d'une entreprise et les méthodes utilisées sont pertinentes ou non. En association avec l'importante base de données des prix effectivement payés lors de cessions de PME en Suisse, qui reposent sur plusieurs centaines de ventes d'entreprise réalisées avec succès, Business Broker AG est à même de garantir que nos évaluations ne sont pas théoriques, mais au contraire proches de la réalité du marché.

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