Interview de Paul Monn

Interview de Paul MonnLe rêve de l’indépendance

Apprenez-en plus sur notre nouveau CEO, presque 100 jours après son entrée en fonction. Nous lui avons posé quelques questions au sujet de ses expériences passées, de son opinion sur l’évolution du marché actuel et de ses objectifs pour le futur.

Merci de prendre le temps de répondre à mes questions. Pour commencer : comment évalues-tu la situation du marché de la succession d’entreprise en Suisse ?

Plusieurs études menées en Suisse montrent que chaque année 15 000 à 20 000 entreprises sont concernées par la planification de leur propre succession. Au cours de ces dernières années, la vente de PME à des acquéreurs externes a considérablement augmenté. Dans le cadre de cette option de transmission, il est conseillé au propriétaire de se tourner vers quelqu'un qui guide le processus de manière professionnelle et qui est capable de faire abstraction des émotions qui en découlent. Quoi qu'il arrive, elles en font partie et doivent avoir leur place, mais elles ne doivent pas dominer le processus de vente. Dans la plupart des cas, la vente de son entreprise constitue une affaire unique pour le propriétaire, ce qui rend d'autant plus importante la présence d'un partenaire expérimenté à ses côtés afin que son « bébé» soit entre de bonnes mains. C'est ce qui explique la raison d'être des prestataires de services professionnels tels que Business Broker AG, spécialistes en matière de processus de vente d’entreprise.

Peut-on observer des tendances spécifiques sur le marché ?

Ces dernières années, le phénomène des « Serial Entrepreneurs » a gagné en importance. Cela concerne les personnes qui fondent et développent une entreprise pour la revendre dans un avenir prévisible et se consacrer à un nouveau projet, à savoir une nouvelle entreprise. On peut donc affirmer que de nombreux entrepreneurs, quel que soit leur âge, recherchent un successeur pour leur PME avant que la motivation ne baisse. À mon avis, il est extrêmement important qu'un entrepreneur garde la niaque et ne perde pas la passion pour son entreprise. Lorsqu'une personne est vraiment passionnée, qu'elle se rend compte qu'elle est épuisée et que sa propre intuition ne concorde plus, le moment est venu, selon moi, de se demander si l'entreprise doit toujours faire partie ou non de son propre avenir.

À mon avis, il est extrêmement important qu'un entrepreneur garde la niaque et ne perde pas la passion pour son entreprise.

Dans quelle mesure as-tu été confronté à la question de la planification d’une succession d’entreprise ?

Enfant, j'ai toujours été proche de ce sujet qui m'a influencé dès mon plus jeune âge. Mes grands-parents maternels et paternels possédaient chacun une entreprise. Du côté paternel, la société a été dissoute après que mes parents l’aient dirigée pendant des années. L’entreprise du côté de ma mère a été fondée par mon arrière-grand-père puis transmise à mon grand-père et à ses frères. Mon parrain l’a reprise un certain temps avant de la vendre à un acquéreur externe il y a environ 2 ans. Il me semble que cela été bien géré car la planification de la succession a été abordée dès le début et tout a toujours été consigné par écrit. Ceci constitue à mon avis les facteurs clés du succès dans une transmission. De plus, au cours des dernières années, j'ai été responsable du domaine de la transmission et de la pérennisation des PME pour une grande banque suisse.

Selon toi, où se situent les principaux défis pour les entrepreneurs dans la planification de la succession de leur société ?

La condition préalable essentielle pour le propriétaire est de vouloir réellement vendre sa société. Il doit être mentalement prêt à rompre ce lien si étroit avec son entreprise et à lâcher prise ; ce qui est à la fois crucial et très difficile. La vraie question est de savoir si le propriétaire est capable de passer ce cap lui-même ou si un accompagnement externe est nécessaire. Au sein du groupe Raiffeisen, le Raiffeisen Centre des Entrepreneurs (RCE) apporte un soutien professionnel au cours de ce processus exigeant sur le plan émotionnel. Ce n'est que lorsque le propriétaire est mentalement et émotionnellement prêt pour la vente de son entreprise que l’étape « vente » peut être prise en charge et abordée. Ceci est valable peu importe la forme d’option de succession choisie, que ce soit à l’interne au niveau familial ou des collaborateurs ou sous la forme d'une vente à des acquéreurs externes. Business Broker AG se tient volontiers à la disposition des propriétaires de PME lorsqu'il s'agit de mettre en place un processus de vente professionnel.

Un propriétaire doit être prêt mentalement et émotionnellement à vendre son entreprise.

À ton avis, quelles exigences un acheteur potentiel devrait-il remplir ?

Le rêve d’être indépendant se situe pour beaucoup d’individus tout en haut de la pyramide de Maslow. Cela ne signifie pas pour autant que tout le monde naît avec une âme d’entrepreneur. Mon expérience m’a personnellement confirmé qu’un acheteur potentiel doit être déterminé à quitter son emploi et à rechercher activement l'entreprise adaptée. Pour acquérir une entreprise avec succès, il est également nécessaire qu'il soit en mesure de le faire tout en souhaitant apporter une part significative de ses fonds propres à l'entreprise et qu'il soit ainsi prêt à prendre les risques encourus. Je considère également que le futur acquéreur doit avoir une réserve financière disponible pour affronter les deux premières années suite à la succession. Cela constitue une condition indispensable. En outre, il est également important que les acheteurs potentiels aient des objectifs réalistes concernant l’entreprise convoitée. Car si une entreprise parfaite existait, je l'aurais sans doute déjà achetée. Une acquisition fonctionne dans la plupart des cas lorsque tous ces facteurs sont réunis.

Qu'est-ce que cela signifie pour un acheteur potentiel en termes de fonds propres ?

Les acheteurs potentiels doivent disposer d'un capital de base solide pour acheter une entreprise ; ce qui est également dans leur intérêt. Il est toutefois possible de trouver une solution en termes de financement. Je crois qu'un acheteur potentiel doit être prêt à tout miser. Nous avons récemment vendu une menuiserie en Suisse romande où les propriétaires avaient déjà tenté par eux-mêmes, sans succès, de transmettre l'entreprise à un collaborateur. Nous avons été en mesure de trouver un acheteur approprié dans un délai très court. Ce dernier étant lui-même menuisier avait donc déjà été considéré comme le candidat idéal d'un point de vue professionnel. Dans les professions artisanales, il arrive souvent que les acheteurs potentiels ne disposent pas des fonds propres nécessaires pour supporter le prix d'achat total. Dans le cas de la menuiserie, les fonds propres de l’acheteur étaient relativement faibles mais ce dernier a été prêt à prendre le risque d’investir quasiment toutes ses économies. C’est ainsi que la banque lui a consenti un financement plutôt généreux. De plus, le vendeur était prêt à laisser un crédit vendeur. Comme je l'ai dit, si le projet est adapté, on peut, la plupart du temps, trouver une solution.

Vous avez travaillé pendant plusieurs années dans une grande entreprise. Quelles sont, pour vous, les différences les plus importantes entre une PME et une grande entreprise ?

Ce n’est pas forcément le nombre d’employés qui constitue la plus grande différence. Je pense que ce sont plutôt les exigences en matière de prise de décision. Dans une PME, les décisions doivent être prises directement, elles ne peuvent pas être déléguées à une autre unité. Il faut prendre une décision et tous les employés doivent y participer, car une PME est une entreprise trop petite pour pouvoir se cacher. En même temps, cela donne aux PME un degré élevé de flexibilité et d’agilité, ce qui peut être utilisé comme un avantage sur le marché. L’amplitude et la diversité des activités des employés constituent une autre différence. Personnellement, je trouve cela très gratifiant.

Quels sont tes objectifs pour le premier semestre en ta qualité de CEO ?

Nous poursuivons notre travail sur le modèle commercial de Business Broker AG afin de continuer à aider les propriétaires de PME à gérer leur succession de manière prospère. Ce faisant, nous souhaitons poursuivre notre contribution à la création de valeur à long terme dans le pays des PME qu'est la Suisse. C'est pourquoi je veux connaître les personnes avec qui j'interagis au quotidien – nos clients et nos collaborateurs – et établir une relation de confiance avec eux. Il est très important pour moi de maintenir un contact personnel avec le plus grand nombre possible de nos clients, afin de comprendre leurs besoins individuels et de développer ainsi des solutions sur mesure. En ce qui concerne nos collaborateurs, il est important pour moi d’agir en tant que coach et de leur donner les moyens de se dépasser. La taille de notre entreprise est très intéressante, nous sommes une entreprise de taille moyenne bénéficiant de 11 ans d’existence sur le marché et travaillons avec des jeunes dont l'expérience dans les transactions est précieuse. À mon avis, il n'est pas nécessaire d'avoir les cheveux gris et les rides dont la vie nous fait cadeau pour afficher une maturité professionnelle. Notre équipe est jeune et se caractérise entre autres par sa volonté de travailler et d’apprendre. Je fais partie d'une grande famille, par conséquent je crois dur comme fer aux équipes et aux communautés. Les principes de base sont toujours les mêmes : honnêteté, communication, respect et confiance. Et c'est exactement comme ça que je veux diriger Business Broker AG.

Il me tient à cœur d’élaborer des solutions sur mesure.